Ce que le référentiel de compétences attend d'un compte rendu
Référentiel du CNOV, fiche RNCP, code rural : ce que les textes exigent d'un compte rendu d'ostéopathie animale, cité mot pour mot, et comment s'y tenir.
À retenir
- Le référentiel de compétences du CNOV (mai 2025) demande un compte rendu « compréhensible par le propriétaire, par ses pairs, et par le vétérinaire ».
- Il attend aussi des consignes de suivi, l'estimation de l'intervalle avant la prochaine séance, et la vérification de ce que le propriétaire a compris.
- Le code rural impose une information « loyale, claire et appropriée » : c'est une règle de déontologie, pas une recommandation.
- Un seul document peut difficilement satisfaire trois lecteurs à la fois : l'écrire en deux versions n'est pas un luxe.
On parle souvent du compte rendu comme d'une tâche administrative, qu'on boucle le soir. Les textes qui encadrent l'ostéopathie animale le décrivent autrement : comme une compétence du métier, évaluée à l'examen et attendue en exercice.
Trois textes en parlent. Ils ont été écrits à des moments et par des acteurs différents, et ils disent pourtant la même chose. Cet article les cite mot pour mot et en tire une méthode.
Une précision : je ne suis pas ostéopathe. Je lis ici des textes publics, je ne donne pas de conseil clinique. Les citations viennent des documents officiels listés en fin d'article.
Les trois textes
- Le référentiel de compétences de l'ostéopathe animalier, publié par l'Ordre des vétérinaires (CNOV). Sa dernière page porte la mention « 1re édition mai 2025 ». Il a été conduit par le Pr Marc Gogny et rédigé avec l'ensemble des établissements de formation et le Collectif des ostéopathes animaliers. C'est désormais le texte de référence du métier ; il est téléchargeable sur la page candidats de l'Ordre.
- La fiche RNCP 38115 « Ostéopathe animalier », sur France compétences. Son enregistrement arrive à échéance le 18 octobre 2026.
- L'article R243-8 du code rural, issu du décret n° 2017-572, qui fixe les règles de déontologie des ostéopathes animaliers. Contrairement aux deux autres, celui-ci est opposable : c'est l'engagement écrit que chaque praticien signe pour être inscrit.
1. Un compte rendu, trois lecteurs
Le référentiel du CNOV est le plus précis. Dans la compétence « Traiter 4 », intitulée « Réaliser une synthèse et un compte rendu de l'intervention et prodiguer les conseils appropriés » (p. 27), l'un des critères est :
« Réalisation d'un compte rendu compréhensible par le propriétaire, par ses pairs, et par le vétérinaire. »
La compétence « Comm 2 » (p. 31) le reformule, en distinguant les exigences :
« Rédaction de comptes-rendus satisfaisants pour les autres professionnels et compréhensibles pour le référent de l'animal. »
La nuance mérite d'être lue lentement. Pour un confrère ou un vétérinaire, le compte rendu doit être satisfaisant : précis, technique, utilisable. Pour le propriétaire, il doit être compréhensible. Ce ne sont pas les mêmes qualités, et elles tirent souvent en sens inverse. Un terme exact pour un vétérinaire est souvent opaque pour un propriétaire ; une explication accessible au propriétaire paraît vague à un vétérinaire.
La fiche RNCP dit la même chose, en visant un compte rendu « complet et clair afin d'en garantir sa compréhension par le propriétaire de l'animal et par le vétérinaire ne pratiquant pas l'ostéopathie ».
2. Des consignes de suivi, pas seulement un bilan
Le compte rendu ne s'arrête pas à ce qui a été fait. La capacité « Traiter 4.2 » demande de « donner des conseils, des recommandations et des instructions, si nécessaire, au détenteur de l'animal ». Parmi les indicateurs de la même compétence :
« Les conseils pour optimiser les effets du traitement de manière durable sont donnés. »
« L'intervalle nécessaire entre deux consultations est estimé. »
Le référentiel demande aussi que ces consignes tiennent compte de la vie réelle de l'animal : l'« évaluation et analyse des contraintes d'activité, de mode de vie de l'animal, et/ou du référent pour les consignes de suivi ». Une consigne de repos de trois jours ne vaut pas grand-chose pour un cheval de club qui travaille le lendemain, si elle n'est pas discutée avec son cavalier.
La fiche RNCP va dans le même sens : « Mettre en place et donner au propriétaire des consignes de suivi permettant d'optimiser le résultat des manipulations. »
3. Vérifier que le propriétaire a compris
C'est l'exigence la plus souvent oubliée. Le référentiel ne se contente pas d'une explication donnée ; il demande une compréhension vérifiée :
« La compréhension du référent des objectifs et des impacts des interventions est vérifiée. »
Le code rural en fait une règle de déontologie. Le 5° de l'article R243-8, tel que le reproduit le référentiel d'activités de l'Ordre (p. 9) :
« Dans le champ des actes qu'elles peuvent accomplir, elles fournissent au détenteur ou au propriétaire de l'animal qu'elles manipulent une information loyale, claire et appropriée sur son état, et veillent à sa compréhension. »
« Veillent à sa compréhension » : l'obligation porte sur le résultat, pas seulement sur l'effort. Un compte rendu que le propriétaire n'ouvre pas, ou qu'il ne sait pas relire une semaine plus tard, remplit mal cette règle.
4. Le vétérinaire, destinataire le cas échéant
Quand un vétérinaire a adressé l'animal, le référentiel attend que le compte rendu lui revienne : « Le compte rendu de l'intervention au vétérinaire référant l'animal, le cas échéant, est transmis. » La compétence « Comm 4 » (p. 33) ajoute deux exigences de ton : l'« absence de dénigrement du professionnel ayant référé l'animal, même d'une manière implicite », et l'« absence de captation de clientèle ».
Le compte rendu garde aussi la trace des orientations. Le 2° de l'article R243-8 impose d'orienter le propriétaire vers un vétérinaire, notamment « lorsqu'il est constaté une persistance ou une aggravation de symptômes ou de lésions » ou « en cas de douleur prolongée durant les manipulations ou de douleur consécutive à ces dernières ». Si vous l'avez fait, l'écrire protège l'animal, le propriétaire et vous.
Une méthode tirée des textes
Les trois textes dessinent un compte rendu en six parties. Aucune n'est une invention : chacune répond à un critère cité plus haut.
- Le motif de la consultation, dans les mots du propriétaire.
- Les observations et la synthèse : les dysfonctions relevées, hiérarchisées (le référentiel parle de « liste et hiérarchie des différentes dysfonctions »).
- Ce qui a été fait, et pourquoi.
- Les consignes de suivi, adaptées à la vie de l'animal : repos, reprise, points à surveiller.
- L'intervalle estimé avant la prochaine séance, ou l'absence de besoin.
- Les orientations vers un vétérinaire, s'il y en a eu.
Reste la question des trois lecteurs. Un seul texte peut difficilement être à la fois « satisfaisant » pour un vétérinaire et « compréhensible » pour un propriétaire. La solution la plus simple est d'écrire deux versions du même contenu : l'une technique, pour le dossier et les confrères ; l'autre reformulée, pour le propriétaire, avec les consignes au premier plan.
Où Biume intervient, et où il s'arrête
C'est précisément la partie que Biume prend en charge : à partir de vos observations, il prépare la version propriétaire, reformulée dans un vocabulaire accessible. Vous la relisez et validez section par section avant tout envoi ; rien ne part sans vous. Il programme ensuite un questionnaire de suivi au délai que vous choisissez, ce qui répond en partie à la question « le propriétaire a-t-il compris, et comment va l'animal ? ».
Biume ne produit pas de version destinée au vétérinaire. Si un confrère vous a adressé l'animal, ce compte rendu-là reste à rédiger par vos soins.
Ce qui va évoluer
La réforme de 2026 s'appuie sur ces référentiels. L'arrêté du 5 août 2026 définit le référentiel de formation que devront suivre les établissements ; ses dispositions sur la formation entrent en vigueur le 1er août 2028. Le décret n° 2026-756 confie au CNOV l'organisation des épreuves d'aptitude. Les exigences décrites ici ne vont donc pas s'effacer : elles deviennent le socle commun de toutes les écoles.
Sources
- Référentiel de compétences de l'ostéopathe animalier, Ordre national des vétérinaires, 1re édition mai 2025 — compétences Traiter 4 (p. 27), Comm 2 (p. 31), Comm 4 (p. 33)
- Référentiel d'activités de l'ostéopathe animalier, Ordre national des vétérinaires — texte de l'article R243-8 (p. 8-9)
- Informations candidat, Ordre national des vétérinaires
- Fiche RNCP 38115 — Ostéopathe animalier, France compétences
- Décret n° 2017-572 du 19 avril 2017, Légifrance
- Décret n° 2026-756 du 5 août 2026, Légifrance
- Arrêté du 5 août 2026 relatif à la déclaration d'activité et définissant le référentiel de formation, Légifrance
Citations vérifiées le 24 septembre 2026 sur les documents originaux.
Écrit par
Mathieu Chambaud
Fondateur de Biume
Je construis Biume avec les praticiens animaliers qui l'utilisent. Je ne suis pas praticien : ce que j'écris ici vient de leurs retours de terrain et du produit, pas d'une expertise clinique. Pour toute question de santé animale, votre vétérinaire reste la bonne personne.
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